Hildegarde de Bingen, une dame de foi vivante

Il y a un peu plus de 900 ans, au Moyen-Âge, naquit une femme exceptionnelle en terre rhénane. Elle se prénommait Hildegarde, « celle qui sait se battre ». Dixième enfant de sa famille, elle fut vouée à Dieu. Enfant à la santé fragile, elle suscitait un émerveillement tout particulier : « à l'âge de trois ans, je vis une si grande lumière, que mon âme en fut toute pénétrée ; mais à cause de mon jeune âge, je ne pus rien dire de ces merveilles. Dans ma huitième année, je me suis offerte à Dieu dans une intimité spirituelle ; jusqu'à l'âge de quinze ans, j'ai eu beaucoup de visions merveilleuses qui suscitaient l'admiration de ceux qui les entendaient ».

Spectacle « Regards sur Hildegarde » par la Compagnie Choréame

www.compagnie-choreame.fr

Hildegarde tout au long de sa vie sera une dame modèle de bienfaits et d’une foi vivante : mystique, visionnaire, prédicatrice, compositrice inspirée de chants et de musique et guérisseuse de l’Esprit et du corps.

Sa vie monastique très secrète bascula à 42 ans : « une lumière d'un éclat éblouissant venant du ciel entrouvert, pénétra tout mon esprit, tout mon coeur et tout mon être, comme une flamme qui échauffe sans consumer, comme le soleil réchauffe un objet sur lequel il darde ses rayons. Soudain le sens des Ecritures, des Evangiles […] m'était dévoilé. Je reçus ce message: écris ce que tu vois et ce que tu entends ! ».

Après avoir terrassé la peur d’assumer cet ordre divin, Hildegarde courageusement se met à l’ouvrage et dévoile ses visions telle « … une plume dans les mains de Dieu ». Elle s’excusera  souvent de son ignorance, par humilité et par soucis de transparence à la Lumière. Elle dira que tout ce qu’elle a appris lui est venu du ciel directement, ce qui peut expliquer sa différence de point de vue avec les gens instruits par les sciences terrestres. « Ces choses, je ne les vois pas avec les yeux du corps et ne les entends pas avec mes propres oreilles ; je les vois uniquement en mon âme, les yeux du corps restant ouverts, si bien que je n'éprouve jamais la perte de conscience qui se produit dans une extase. Je suis éveillée quand je vois cela, que ce soit de jour ou de nuit ».

Dans son rôle d’abbesse, elle accueillait les jeunes femmes cherchant la vertu et elle prendra des risques en les initiant à la gravure, à l'écriture, à la reliure, aux chants et aux sciences naturelles -domaines réservés aux hommes !- Elle voulait que sa communauté vive dans la joie d’aimer Dieu. Pour cela, lors de fêtes particulières, elle autorisait « ses filles » à se parer de bijoux -elle savait que la vraie beauté célèbre Dieu-. Ensemble, elles louaient Dieu avec ses chants inspirés racontant les combats victorieux des vertus contre les vices et Lucifer.

Hildegarde était également maître dans la médecine psychosomatique et l'art de guérir par les plantes,  elle soignait à la fois les corps et les âmes. D’ailleurs, nous connaissons certains de ses remèdes qui la rendent célèbre actuellement dans le monde alternatif… mais il ne faudrait pas réduire sa force de guérison à ces recettes de « grand-mère » ! Hildegarde rappelait toujours à l’être humain que la guérison véritable provient de l’esprit et de sa capacité à être en alignement dans sa vie avec l’esprit.

Hildegarde est une dame de foi vivante qui avait la Vision et faisait l’expérience du divin en elle ; elle nous montre un visage du Christ de toute beauté : « Je contemplai alors dans le secret de Dieu, au coeur des espaces aériens du midi, une merveilleuse figure. Elle avait apparence humaine. La beauté, la clarté de son visage étaient telles qu'il eût été plus facile de regarder le soleil que de contempler ce visage ».

Elle voulait partager sa force spirituelle aux autres. Son message et ses œuvres font d’Hildegarde un modèle d’actualité pour tout ceux qui veulent répondre à son souhait « Ô, homme tu as en toi le ciel et la terre, fais de ce monde un ciel sur la terre...! ».

Bibliographie

Scivias, sache les voies ou Livre des visions (éditions Le Cerf)

Le livre des oeuvres divines (Poche)

Le livre des subtilités des créatures divines (12ème siècle), tomes 1 & 2.

 

Article écrit par Céline Campetto & publié dans le journal "Porte-Plume n°1" - diffusé par Esprit d'Aventure.


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